Une nuit sans sommeil
6Plusieurs disent : Qui nous fera voir le bonheur ? Fais lever sur nous la lumière de ta face, ô Éternel ! 7Tu mets dans mon cœur plus de joie qu’ils n’en ont Quand abondent leur froment et leur moût. 8Je me couche et je m’endors en paix, Car toi seul, ô Éternel ! tu me donnes la sécurité dans ma demeure.
Ce psaume a été écrit pour l'heure où tu te trouves. David est entouré de troubles et de gens qui demandent « qui nous fera voir le bonheur ? » — et il répond par un rituel du soir : il se rappelle qui a mis la joie dans son cœur, puis il fait la chose la plus courageuse qu'une personne inquiète puisse faire. Il se couche. « Je me couche et je m'endors en paix, car toi seul, ô Éternel, tu me donnes la sécurité. » Pas « quand les problèmes seront réglés, je dormirai » — ce soir, au milieu d'eux. Dormir est un acte de confiance : le monde devra tourner sans ta surveillance jusqu'au matin. Il y arrivait avant toi ; il y arrive encore.
Que veilles-tu à garder en restant éveillé — et peux-tu nommer celui qui veille pour que tu n'aies pas à le faire ?
Mon Dieu, il est tard, et je suis encore là — les yeux ouverts, l'esprit qui tourne. La journée est finie mais je continue de la corriger, et demain n'a pas commencé mais je continue de le répéter. Tu as dit à David qu'il pouvait se coucher au milieu du trouble parce que toi seul le gardes en sécurité. C'est ce coucher-là que je veux. Prends-moi la garde — le rejouer, le pré-vivre, la liste. Que ma respiration ralentisse. Que le lit me porte comme tes mains portent la nuit. Et si le sommeil ne vient toujours pas, alors tiens-moi compagnie dans le silence, jusqu'à ce que la fenêtre pâlisse. Amen.